Le mot guinguette dérive de l’ancien français « guiguer » c'est à dire sauter et du mot « guinguet », nom d’un vin aigrelet que l’on faisait du côté d’Argenteuil.
Café et lieu de divertissement populaire, les guinguettes parisiennes connurent dès le XVIIIème siècle un grand succès. Installées aux portes de Paris, elles échappaient ainsi à l’octroi, impôt obligatoire sur toutes les marchandises qui passaient les portes de la capitale. Elles servaient alors des consommations peu chères.
En 1859, Paris s’agrandit, la ville passe de 12 à 20 arrondissements et s’étend sur 11 communes limitrophes. C’est alors que les guinguettes se développent sur les bords de Seine. Toujours afin d’échapper à l’octroi, elles s’éloignent de Paris et suivent le développement du train et des nouveaux loisirs nautiques.
La première ligne de chemin de fer pour passagers est mise en service à partir de 1837 de la Gare St-Lazare vers St-Germain-en-laye. On appelle ces trains « les trains de plaisir ». Les gares et les horaires des trains sont même mentionnés dans les publicités des guinguettes. C’est ainsi qu' à la belle saison, les Parisiens débarquaient en masse sur les bords de Seine.
Les lieux privilégiés sont alors : la Grenouillère à Croissy, la Maison Fournaise à Chatou, le Bal des Canotiers à Bougival, La Maison Lemaire à Carrières-sur-Seine, La Maison Giquel à Rueil ou Robinson à Bezons.
Au début du XXème siècle, la vogue des bords de Seine s’épuise. La mode du canotage est passée et le fleuve pollué. Peu à peu les établissements ferment leurs portes.
Aujourd’hui, il ne reste aucune guinguette en activité et les bâtiments ont pour la plupart été détruits. Mais quelques associations tentent de redonner vie à ce patrimoine : la Maison Fournaise à été sauvée et transformée en musée et restaurant, les Amis de la Grenouillère à Croissy entretiennent la mémoire du célèbre établissement peint par Monet et Renoir, à travers leur musée et des actions pour la réhabilitation du site historique et à Rueil, l’association des Amis du chantier Giquel anime et remet en état l’ancien café restaurant et garage à bateau. Autant d’initiatives qui feront peut-être revivre la belle époque des guinguettes sur nos bords de Seine.