Lieu de mémoire de la Grenouillère, du célèbre café-flottant et de son bal du jeudi pendant la seconde moitié du XIXème siècle, le Musée présente une collection de gravures, tableaux, objets, décrivant la guinguette et les activités que l'on y pratiquait, sans oublier d'évoquer les paysages des alentours.
L'Ile de Croissy
Dès 1820-1830, l'île de Croissy réputée pour sa végétation luxuriante, devient une terre de prédilection pour les peintres paysagistes et autres amateurs de dimanche à la campagne. A travers les estampes bucoliques deFrançais, Anastasi, Riou, on retrouve ce paysage d'autrefois si bien décrit par Félix Normand en 1848 :
" Cette île, le Madagascar des bords de Seine ; île verdoyante plantée de saules et de peupliers admirables, semée de mystérieux taillis, tapissée de près luxuriants, est l’une des promenades favorites, l’une des joies et l’une des splendeurs de Chatou. "
Ile de Croissy à Chatou par Anastasi - coll. JLA
La Grenouillère
"Le Trouville des bords de Seine"comme on la surnommait.
La Grenouillère, café-flottant amarrée à l'Ile de Croissy attiraient par centaine les promeneurs parisiens.
Comme tout endroit à la mode, la guinguette a fait l'objet de bon nombre d'articles et de dessins dans la presse de l'époque. Ainsi les gravures signées Crafty, Pelcoq, Lafosse, Robida, Grévin, Steinlen, et bien d'autres nous montrent une image de la Grenouillère très vivante.
Le visiteur peut également découvrir les superbes affiches pour le fameux bal du jeudi à la Grenouillère. Placardées dans la capitale elles incitaient les Parisiens à venir danser polkas, mazurkas, et autres chahuts, sur les bords de Seine en compagnie des jolies "grenouilles".
Les loisirs
Lorsque Napoléon III arrive au pouvoir, il déclare : «l’Empire c’est la paix». Tout doit alors être pour le mieux dans le meilleur des mondes. Une nouvelle culture tournée vers les loisirs voit alors le jour.
Fraîchement débarqués des trains au départ de la Gare St-Lazare, les Parisiens découvrent les bords de Seine où s’offrent à eux diverses sources de divertissements.
Le canotage, par exemple, satisfait les amoureux de la nature et du sport. Ces « canotiers du dimanche », aux costumes et coiffures si particuliers font rapidement l’objet de caricatures savoureuses.
Les bains connaissent également une nouvelle vogue. Loin des bains publics de Paris, on vient à Croissy faire une « pleine eau » aux bains froids de la Grenouillère.
Les illustrateurs de presse s’emparèrent rapidement du thème de ces nouveaux loisirs et l'on retrouve ainsi dans Le Petit Journal Pour Rire, Le Charivari, La Caricature, etc, de savoureux dessins.
Les peintres des bords de Seine
Beaucoup d'artistes sont tombés sous le charme de ce petit coin de campagne à deux pas de Paris.
Le Musée présente plusieurs œuvres de ceux que l'on nomme les "petits maîtres des bords de Seine": Clary-Baroux, Heilbuth, Marius-Eraud, Maincent , Morlon...
Vous pourrez également admirer les reproductions des toiles de Monet et Renoir qui ont immortalisé la Grenouillère en 1869. Ces toiles qui sont aujourd'hui toutes conservées à l'étranger, marquent la naissance de la technique impressionniste.
Dans un décor de guinguette, le Musée de la Grenouillère offre une collection originale qui rappelle un lieu où il faisait bon s'amuser au bord de l'eau.